5 - Carte mère

5. LA CARTE MERE


La carte mère n'est rien d'autre qu'un vaste circuit sur lequel repose les divers composants décrits dans le livret. Ce qui fait une bonne carte mère se résume au mix de ces composants, mais assure aussi à leur équilibre de par sa qualité de fabrication.


5.1. Le format des cartes


On l'imagine bien, il ne peut y avoir 50 tailles de cartes mères et autant de boîtiers différents... On distingue donc le très classique format AT qui compose encore une large majorité de PC et le nouveau format ATX. Ce dernier a été promu par Intel et conçu pour favoriser une meilleure dissipation thermique et faciliter l'insertion de cartes longues. Le processeur est ainsi placé pour se rapprocher du ventilateur du boîtier... Toutefois, un boîtier AT bien conçu fait tout aussi bien. Le format ATX ne s'est donc pas franchement imposé et ne constitue pas un critère de choix absolu. Veillez simplement à acheter un boîtier et une carte au même format puisqu'ils sont incompatibles (la visserie et les connecteurs externes ne correspondraient pas).


Attention aux boîtiers exigus ou bas de gamme. Calculés au plus juste, ils ne laissent que quelques millimètres de déboîtement pour insérer la carte mère et ne facilitent pas les manipulations par la suite. Attention également aux ordinateurs de grandes marques qui utilisent parfois des formats de cartes mères propriétaires. Cela rendra impossible toute mise à jour, ce qui est dommage pour ces machines qui comptent souvent parmi les plus chères. Voici une forme de fidélisation ou de motivation d'achat bien regrettable d'autant qu'elle ne repose sur aucune nécessité technique.


5.2. Comment reconnaître une bonne carte mère


Dans le choix d'une carte mère interviennent souvent des critères un peu illusoire. On parle ainsi très souvent de performances comme si elles conditionnaient celles de tout le PC. En fait, il est effectivement très important de disposer d'une carte mère parfaite car elle est la base de toute la machine. Mais il ne s'agit pas tant d'une question de performances que de fiabilité et de qualité. Entre une bonne et une excellente carte mère, vous ne verrez pas une image par seconde de différence dans un jeu ! En revanche, un mauvais choix de composants du constructeur de cette carte provoquera bugs et incompatibilités.


Les batailles de comparatif s'illustrent souvent par des chiffres offrant des variations de performances ne dépassant pas les 5% ! En revanche, à l'usage et seulement au fil du temps, on mesure toute la différence entre une bonne et une mauvaise carte en particulier lorsque l'on sollicite beaucoup sa machine et que l'on fait beaucoup de mise à jour. Tout aussi important est le volontarisme du constructeur en matière de bios. S'il est dynamique, il proposera un choix entre plusieurs types de bios (Phoenix, Award, AMI) et offrira de nombreuses mises à jour.


Paradoxalement, le choix d'une bonne carte mère est souvent visuel. Un engagement propre, des composants en nombre limité, des connecteurs protégés par un entourage plastique, des soudures soignées, bref un certain " esthétisme " est le signe d'une conception soignée. Dans ce domaine plus que dans d'autres, il faut bien admettre que se fier à des marques connues (et pas forcément plus chères) est un gage de sécurité.


Pour ce qui est des composants de la carte, il suffit de reprendre les différents chapitres de ce livret. On peut décrire ainsi la carte mère idéale aujourd'hui : chipset LX, bus AGP, connecteurs ISA, PCI et AGP, connecteurs mémoire SIMM et DIMM, UltraDMA, ceci dans le cas du Pentium II. Pour le Pentium même chose mais sans l'AGP et avec un chipset TX !


La première ne dépassera pas les 2000 francs tandis que la seconde se trouve facilement à moins de 800 francs.


5.3. Le contrôleur EIDE


Une partie de l'électronique de contrôle des disques dur des PC se situe directement sur la carte mère. Il s'agit bien sûr de l'interface EIDE qui équipe une très large majorité de nos machines, le SCSI restant hélas confiné dans le haut de gamme. Un contrôleur EIDE reçoit jusqu'à quatre périphériques qui peuvent être un disque dur, un lecteur de CD-ROM, un streamer (lecteur de cartouche à bande) et depuis quelques temps des lecteurs de cartouche amovibles et même des graveurs de CD !


Si vous avez acheté votre PC il y a plus de deux mois, avec un chipset HX ou VX, vous disposez d'une interface EIDE de type PIO4 (encore plus loin dans le temps, ce sera un PIO3). Si les PIO3 sont vraiment peu performantes à l'heure actuelle, une interface en PIO4 avec son débit de plus de 15 Mo/s est capable d'exploiter de très bons disques durs. Mais avec le chipset TX arrive l'UltraDMA, successeur du PIO4. Il double le débit théorique maximal avec plus de 33 Mo/s, se rapprochant ainsi de l'Ultra Wide SCSI, actuelle référence pour les disques durs (40 Mo/s). Certes, aucun disque dur actuel ne peut profiter de ces débits mais ils seront très utiles lorsque vous utiliserez plusieurs disques durs simultanément, ce qui arrive assez souvent dans la vidéo, l'infographie et dans les activités multitâches en général.


Un disque dur PIO4 est incompatible avec l'UltraDMA mais il ne profitera pas de ses gains de performances. Heureusement, les nouveaux disques UltraDMA sont à peine plus chers et parfois au même prix !


5.4. Les interfaces


Toute carte mère se doit de disposer bien sûr de deux ports série et d'un port parallèle accompagnés de deux ports PS/2 pour la souris et le clavier. Cela semble évident mais certaines cartes oublient parfois un port PS/2, ce qui monopolise un port série pour la souris... Les soucis du port série concernant son UART, une puce qui contrôle le flux de données, sont oubliés depuis longtemps. N'importe quelle machine dispose d'UART 16 550 qui autorise le débit de 33,6 Kb/s des modems et au-delà.


Quant au parallèle, il se doit de répondre aux normes ECC et EPP grâce auxquelles vous bénéficierez de la communication bidirectionnelle et de débits accrus.


Concernant le port parallèle et face au nombre croissant de périphériques autres qu'une imprimante l'exploitant, il convient de préciser quelques avantages le concernant. Lorsqu'il est utilisé par un lecteur de cartouche amovible par exemple, voir un lecteur de CD-ROM, le port parallèle monopolise presque 100% des ressources processeur, ce qui prive alors l'utilisateur du multitâche de Windows 95. C'est assez frustrant de devoir attendre la fin d'une copie de fichiers qui en prime est assez longue puisque ce port dépasse rarement les 600 Ko/s.


Le port parallèle sera de plus (comme le port série) remplacé à plus ou moins long terme par le port USB(Universal Serial Bus). Ce dernier dispose de multiples avantages. Tout d'abord, il est hot plug & play. Cela veut dire que vous pouvez brancher et débrancher un périphérique sans avoir à éteindre et redémarrer votre PC ! Il sera reconnu automatiquement par Windows 95, du moins dans sa version OSR2. Bref, utiliser un périphérique USB, c'est facile et pratique ! En prime, vous pouvez en chaîner 127 sans vous soucier d'aucune gestion de ressources telle qu'IRQ et autres ID... Ce port peut même alimenter les périphériques pas trop gourmands et donc les dispenser d'alimentation. Son débit ne dépasse pas en revanche les 1,5 Mo, ce qui le cantonne à des périphériques peu exigeants tel que scanners, joysticks, claviers, souris et autres imprimantes. Pour satisfaire des périphériques autrement exigeants apparaîtra en début d'année prochaine le FireWire ou IEEE 1394. Que cela soit sous la forme de carte d'extension mais aussi directement intégré à la carte mère, le FireWire disposera lui aussi du hot plug & play mais avec un débit allant jusqu'à 80 Mo/s !


Le FireWire sera le port du multimédia, quand le PC deviendra le maillon central sur lequel sera raccordé probablement chaîne hi-fi, caméscope numérique et tout appareil réclamant d'énormes transferts de données.


Les bips des cartes mères


LORS du démarrage d'un PC, la carte mère effectue toujours un " bip " par l'intermédiaire du haut-parleur standard des PC. Ce bip signifie que tout va bien. Mais en cas de problèmes, cela risque d'être le seul moyen pour la carte de communiquer avec vous puisqu'elle est à la base de tout. Chaque bios utilise ses propres codes et envoie un message particulier en fonction du nombre de bips qu'il émet.


En général, plus il y a de bips, plus le problème est important. Deux ou trois bips peuvent signifier qu'un composant mémoire ou qu'une est mal connectée. Sept ou huit bips signifient que le processeur, un composant de la carte mère ou encore la mémoire cache sont défectueux. Dans ces cas, seul le remplacement du composant affecté résout en général le problème. Enfin, si vous n'entendez aucun bip au démarrage, c'est peut-être tout simplement que le haut-parleur du PC n'est pas connecté à la carte mère !


5.5. Les cartes jumperless


Lorsque vous changez de processeur ou lorsque vous vous adonnez aux joies de l'overclocking, vous affrontez alors le réglage d'un ou plusieurs cavaliers sur la carte mère. Si le choix du voltage est en général automatique, il n'en est pas de même pour la fréquence. Si pour beaucoup, ce n'est qu'une petite manipulation pas bien compliquée, cela peut en effrayer certains en particulier si la carte mère est mal documentée ou que les cavaliers sont peu accessibles. C'est particulièrement le cas lorsque vous faites beaucoup d'overclocking (bien que normalement, vous n'ayez plus à faire de modifications lorsque vous avez trouvé les paramètres optimums).


Toutefois, une nouvelle génération de cartes mère vous épargne ces manipulations. Les modèles jumperless proposent en effet un réglage de la fréquence CPU et du voltage directement dans le bios du PC, ce qui procure un confort incomparable. En cas de problème ou d'erreur, le bios remet automatiquement les valeurs au plus bas, ce qui garantit au PC de toujours démarrer. Ces cartes mères sont par ailleurs totalement identiques aux autres cartes. Proposées à des prix similaires, elles en séduiront plus d'un grâce à cette option bien pratique. Quant aux assembleurs de PC, ils sont de plus en plus attirés par le gain de temps au montage que procure une telle carte, qui se transforme bien sûr en réduction des coûts !


5.6. Les bonus


Certaines cartes mères intègrent une puce son. Il s'agit en général d'un modèle Vibra 16 de Creative Labs ou d'un OPL3 de Yamaha. Ce sont des puces à synthèse FM parfaitement compatibles avec le standard Sound Blaster. Ce type de cartes que l'on trouve souvent sur les PC à petit prix constitue une solution économique puisqu'elle peut vous faire gagner 2 ou 300 francs par rapport au couple de carte mère/carte son traditionnel. Windows et les jeux sous DOS traiteront cette puce comme n'importe quelle carte son. La seule limitation réside en fait dans l'absence de table d'onde et de connecteur Wave Blaster pour brancher une carte fille, ce qui interdira ce choix aux musiciens même amateurs. A moins que vous ne vouliez travailler qu'en mode WAV (fichiers .MOD, sampling) pour lequel les capacités MIDI d'une puce n'ont pas d'importance.


Peut-être plus intéressant encore, certaines cartes intègrent un processeur graphique. Souvent d'origine ATI, cette puce se comporte là aussi exactement comme une carte normale. Mais comme pour les puces son, les possibilités d'extension seront limitées et dans ce cas, il s'agira de la mémoire vidéo. Il suffit en fait de connaître ses besoins (résolution et couleur) pour être sûr de ne pas regretter son achat par la suite... La motivation d'une telle intégration étant la réduction du prix, c'est en général des processeurs d'entrée de gamme que l'on trouve sur les cartes mères. Mais cela ne vous empêchera pas de rajouter une carte 3D par la suite par exemple.


Dernier point, on trouve également des interfaces réseau de type 10 ou 100 baseT qui faciliteront les parties multi-joueurs. Dans ce domaine où les standards évoluent peu, cette solution est presque préférable...


Précisons que ces périphériques occupent une IRQ et éventuellement des canaux DMA comme n'importe quelle carte mais qu'ils libèrent des slots sur la carte mère. Les produits sérieux proposent normalement un jumper permettant de désactiver la puce, ce qui facilite l'installation d'une nouvelle carte lors d'une mise à jour de votre matériel. Notez qu'il est théoriquement possible de faire cohabiter plusieurs périphériques similaires. Cela deviendra intéressant avec Windows 98 qui gérera entre autre plusieurs écrans...


5.7. L'alimentation


L'alimentation, le bloc qui fournit l'électricité à l'ensemble des périphériques internes du micro, n'est pas fournie avec la carte mère mais avec le boîtier que vous achèterez séparément.




Cet article est paru dans un magazine connu, malheureusement nous en avons perdu sa source; si l'auteur se reconnaît qu'il nous contacte afin de pouvoir le citer et afin de ne pas être accusé de vol, plagiat ou autres. Merci



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Mis à jour le 26.11.97 à 11:53
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